Les conseils d’investissement de Warren Buffet (2)

Cet article fait suite à celui sur les leçons d’investissement de Warren Buffet. Tous les éléments abordés dans ces articles sont tirés du livre Warren Buffet -100 conseils pour investir- disponible ici.

J’avoue qu’il ne constitue pas un ouvrage spectaculaire, mais il présente l’avantage d’aller droit au but et d’aborder rapidement énormément d’éléments importants pour tout investisseur. 

Parmi ces éléments, on va voir ici les suivants :

-Réfléchir à son investissement 

-La peur et l’appât du gain 

-Le cercle de compétence 

-Connaître et posséder 6 entreprises maximum

-Acheter des canards boiteux 

-Ne jamais transiger sur la qualité 

-Faire de vrais choix 

-Le risque 

-Ne jamais perdre d’argent 

-Trouver de bonnes affaires 

investissement Warren Buffet

Réfléchir à son investissement

Selon Warren Buffet, le travail le plus important pour l’investisseur est de réfléchir, de pondérer les scénarios et de prendre son temps.

“La meilleure manière de penser à un investissement, c’est d’être seul dans une pièce et de réfléchir. Simplement. Si cela ne marche pas, rien ne marchera.” CNBC, Octobre 1994

Warren Buffet lui-même est un adepte du calme et est convaincu de la nécessité de prendre son temps pour pondérer des scénarios. Il possède le même bureau depuis plus de 30 ans. Dans sa maison à Omaha également, son bureau est le même depuis qu’il s’y est installé, il y a 50 ans.

La peur et l’appât du gain

“Une simple règle : ayez peur quand les autres sont avides, et soyez avides quand les autres ont peur” New York Times, 2008

Cette citation célèbre de Warren Buffet résume parfaitement son tempérament d’investisseur à contre-courant. D’autant que sa date n’est pas anodine. Il a prononcé cette phrase en pleine crise des subprimes, après la faillite de Lehman Brothers. À ce moment, tous les investisseurs aux USA comme en Europe fuyaient les marchés. La bourse française a perdu plus de 30% de sa valeur à cette période, en seulement quelques mois.

Warren Buffet, lui, a vécu cette époque comme un temps bénit pour un investisseur de long terme. C’est à cette période qu’il a notamment acheté pour 5 milliards de dollars d’actions de Bank of America. Une acquisition symbolique par augmentation de capital avait permis à la banque de sortir de la crise. Pour Warren Buffet, cette position était acquise à un cours très favorable, et à contre-courant du flux vendeur de tous les investisseurs.
Ce n’était pas non plus une prise de risque inconsidérée mais un choix tourné sur l’avenir des Etats-Unis et de la future sortie de crise.

Le cercle de compétence

Dans plusieurs de ses écrits, Warren Buffet nous parle de la notion de cercle de compétence pour aider à définir sa zone d’investissement. Il faut définir ce que l’on maîtrise le mieux, et éliminer toutes les industries ou business que l’on ne comprend pas. À l’intérieur du cercle de compétence, les entreprises que l’on maîtrise, à l’extérieur celles qui nous semblent obscures.

L’idée est de se tenir à ce cercle de compétence pour ses investissements. Le cercle peut s’élargir si l’on travaille ou si l’on apprend. Mais globalement, il y a des sujets que l’on aura toujours du mal à comprendre. pour Buffett, ce sont les valeurs internet. Il n’a jamais profité de la hausse du Nasdaq et des valeurs technologiques. Il s’en tient à l’écart.

Connaître et posséder 6 entreprises maximum

Warren Buffet recommande aux investisseurs particuliers de ne pas posséder plus de 6 lignes dans leur portefeuille. Pour lui, c’est déjà un énorme challenge de connaître et d’être convaincu de la valeur de 6 entreprises.

“Je vous garantis que si vous avez de l’argent à placer, mieux vaut le mettre dans une de ces 6 entreprises que vous connaissez déjà, plutôt que dans une septième.” Conférence à l’Université de Floride, 1998.

Acheter des canards boiteux 

Warren Buffet aime acheter les entreprises quand elles sont en difficulté car c’est là qu’il les paye les moins cher. Bien sûr, cela ne dispense pas d’étudier l’entreprise et de chercher les qualités sous-valorisées.

Régulièrement, le marché offre des entreprises à des prix dérisoires, car il y a eu un événement, ou une crise, qu’elle soit interne ou externe. C’est là que Warren Buffet intervient en position d’achat. Lorsque l’entreprise est en situation de bouleversement, qu’elle est au plus bas. 

L’investissement de Warren Buffet dans Berkshire Hathaway illustre bien cette stratégie. Au moment d’acheter, il s’agissait d’une entreprise de textile à la dérive, transformée ensuite en entreprise de participations. 


De même quand Buffet achète plusieurs millards de dollars d’actions de Bank of America, c’est en 2008, alors que la banque était à la dérive et que la crise venait d’éclater. 

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Ne jamais transiger sur la qualité

L’étude approfondie des investissements et des choix de Warren Buffet pousse à penser qu’au fond, il n’aimait pas le risque. Il a toujours préféré s’abstenir plutôt que de se forcer à investir dans des entreprises pour lesquelles il avait des doutes.

Lorsqu’il a racheté Berkshire Hathaway, Buffet a fait une incursion à cette stratégie en achetant une entreprise dans un mauvais état. C’est d’ailleurs aussi ce qu’il avait fait avec son premier investissement dans les éoliennes. 

Berkshire Hathaway était à l’origine une usine textile à la dérive, en grande difficulté. Warren Buffet a réussi à transformer cette entreprise en holding financière. Mais il a fermé quelques années après le business initial de textile, n’ayant jamais réussi à redresser le redresser.

Faire de vrais choix

Selon Warren Buffet, il n’y a pas nécessairement d’intérêt à rester trop prudent alors qu’on comprend parfaitement une situation ou un business. L’idée est de ne pas jouer petit quand on se situe dans son cercle de compétence. 

“Si c’est pour jouer petit, je préfère oublier et m’intéresser à quelque chose sur lequel je me sens de miser gros.” Université du Nebraska, 1994

“Avant de considérer de nouveaux investissements, nous réfléchissons déjà à renforcer les premiers. Si une entreprise est suffisamment attractive pour être achetée une fois, alors cela devrait être rentable d’en acheter plus.”

Autrement dit, Warren Buffet estime estime qu’il ne faut surtout pas s’éparpiller. Lorsque l’on tient une conviction forte, une valeur que l’on comprend, que l’on apprécie et sur laquelle on est prêts à se positionner à long terme, alors il faut y investir vraiment.

Composer avec le risque

Pour un investisseur, le risque est une composante inhérente aux activités courantes. 

L’idée est d’apprendre à composer avec ce risque en balayant ses appréhensions naturelles. Le fait d’apprendre et développer son cercle de compétence est donc important.

Pour Warren Buffet, le risque, c’est d’abord de ne pas savoir pourquoi l’on agit. Il a ainsi exprimé : “Le risque vient du fait de ne pas savoir ce que l’on fait.” Prendre des décisions sans être totalement convaincu de sa thèse, sans avoir étudié l’entreprise en profondeur, sans avoir cherché à connaître les personnalités du management et la culture d’entreprise, voilà ce qui est risqué.

Investir en bourse n’est pas risqué, pourvu que l’on sache quelles entreprises on achète et pourquoi on les achète. L’investisseur qui atteint cette zone de confort et de maîtrise de son portefeuille, qui est capable de dire “je sais pourquoi je possède chacune de mes lignes et je ne souhaiterai jamais les vendre”, est un investisseur promis au succès.

Ne jamais perdre d’argent 

Ne pas perdre d’argent est aussi difficile qu’en gagner.

Un des fondamentaux des investisseurs à succès est de ne pas perdre d’argent. Cela permet d’éviter les retours sur investissements négatifs.

“Règle numéro 1 : ne perdez jamais d’argent. Règle numéro 2 : ne jamais oublier la règle numéro 1.”

Or ne pas perdre d’argent en bourse n’est pas évident. On est très vite pris au piège par une valeur annonçant des résultats décevants.

C’est là que le concept de marge de sécurité prend tout son sens. D’ailleurs, Warren Buffet a lui aussi réalisé des erreurs. Il a révélé ses investissements perdants au cours de plusieurs de ses lettres aux actionnaires, comme son investissement dans US Airlines en 1997 ou son achat de la marque de vêtements Dexter en 1993.

Trouver de bonnes affaires

Les bonnes affaires ne font pas la une des journaux, ni ne discutent dans le café du quartier.  Les bonnes affaires se trouvent après des longues journées de lectures et de recherches, après avoir parlé avec des salariés des entreprises, avec la direction. 

C’est par une étude approfondie, en allant à la source et en dépassant l’information accessible à tous que les bonnes affaires arrivent. Une bonne affaire est donc le fruit d’un travail. Les anomalies de marché se détectent en développant son cercle de compétence.

“Tout le monde va vous parler de bonnes affaires sur le marché. Mais vous devez les trouver vous-mêmes.” Warren Buffet à l’Université de Columbia en Novembre 2009.

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