Comment gérer ses affaires à la Don Corleone

L’attitude détermine l’altitude : de Vito à Don Corleone, comment le Parrain se révèle être un personnage inspirant en matière de business?


Le parrain fait partie de ces films piliers capables de faire écho en chacun même plusieurs années après l’avoir regardé.

Les connexions entre l’investissement et la mentalité de Don Corleone sont nombreuses et variées.

Si Vito est devenu Don Corleone, le chef d’une des cinq grandes familles de la mafia sur la côte américaine de l’Est, son comportement y est pour beaucoup. En tant que chef de famille et chef de mafia, le Parrain suit code un code conduite strict où l’honneur semble émaner des valeurs suivies.

Voici donc quelques règles qui semblent faire le pont entre la philosophie Corleone et les investissements :

  • Faire des offres qu’autrui ne peut refuser
  • Un mauvais arrangement est toujours préférable à une guerre
  • Prendre soin des siens et rendre service gratuitement
  • Loyauté, calme et sang-froid

Faire des offres qui ne peuvent être refusées

Assez tôt dans le premier film, Don Corleone nous montre avec une seule phrase comment il gère ses affaires : “ Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser”.

Lorsqu’il veut quelque chose, le parrain fait une proposition qui ne se refuse pas en vue de l’obtenir.

En termes d’investissements, faire des offres qui ne se refusent pas est tout aussi important selon l’objectif poursuivi.

Dans le cadre de mon deuxième investissement immobilier, je visais une acquisition au moins dix fois supérieure à la première. Ne pouvant y parvenir seul, j’ai alors sélectionné des potentiels associés pour leur présenter un projet qui ne se refusait pas.

Tandis qu’il me manquait le capital et les revenus pour prétendre à une opération de cette envergure, j’étais capable d’apporter mon expérience ainsi qu’un projet servi sur un plateau d’argent.

Tout seul, le projet n’aurait pu voir le jour.

Mais il ne faut pas considérer uniquement ce qu’on y gagne soi ; il faut surtout prendre en compte ce que l’on peut apporter. Comme un échange, un investissement à plusieurs = donnant/donnant : on est pas sûr sûr de vraiment gagner, mais quoi qu’il en soit, on donne sans compter.

Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès

Lorsque le parrain de la famille Tattaglia, Sollozzo, propose à Don Corleone une association dans le trafic de drogue, ce dernier décline, ne voulant pas toucher à ce business. 

Lors des négociations, le parrain pourrait aisément déclencher la guerre entre les familles mafieuses, notamment suite à l’assassinat de son fils Sonny. À ce moment précis dans le film, il avait le choix entre l’escalade de la violence et la paix, même si cela à un coût (celui de ne pas chercher à se venger).

Don Corleone, en chef de famille avisé, va alors céder et choisir la paix pour son clan. On pourrait y voir une faiblesse, une résignation, mais au contraire, je pense plutôt qu’il s’agit là d’une leçon donnée par le parrain himself.

En effet, son choix nous dit qu’on ne peut jamais régner en maître absolu et qu’importe son niveau, la compromission est un art dont on ne peut se passer dans les affaires. Le choix de Corleone montre l’importance de savoir faire des concessions.

Si un compromis nous rend un peu perdant, l’absence de compromis susceptible d’entraîner un bain de sang est-il préférable ? Non, car l’affrontement rend toutes les parties perdantes. Or un mauvais compromis peut se révéler être le dernier rempart avant une guerre dont on sait d’avance qu’elle nous fera perdre beaucoup. 

C’est alors seulement lorsque toutes les tentatives d’arrangement ou de compromis ont échoué que la guerre est inévitable, la seule option viable. 

De fait, même un mauvais arrangement est préférable à un affrontement. 

Dans l’investissement, on retrouve cette importance de la compromission. On doit en permanence s’arranger avec ses associés, ses partenaires, ses clients ou encore ses concurrents.

Il faut parfois accepter de ne rien gagner maintenant pour être gagnant ultérieurement. 

Prendre soin des siens et rendre service gratuitement, la définition Don Corleone

Don Corleone prend soin des siens, tant de ses associés que de sa famille.

Même s’il est peu familier, le parrain traite ceux qu’il reçoit avec le plus grand respect. La fidélité et la loyauté semblent gouverner ses rapports à autrui, à l’instar de sa relation avec Luca Brasi. Dans le premier film, lors du mariage de sa fille, le parrain reçoit Brasi en nommant “mon ami le plus fidèle” son homme de main. 

Cette scène où Brasi témoigne de son respect est riche en leçons : on y voit toute la valeur que le parrain donne aux siens. Lors du mariage, il est présent tant pour sa famille que ses associés. Don Corleone a conscience de la valeur importante de son environnement humain, et selon lui, “un homme qui ne se consacre pas à sa famille ne sera jamais un homme”. 

Lorsqu’il reçoit un de ses collaborateurs, le parrain écoute avec rigueur et devient imperturbable, il ne les néglige jamais.

On le voit pendant tout le film, le parrain rend service ou donne des conseils gratuitement. Il ne parie pas sur l’avenir, mais force l’avenir en se donnant et en donnant. Il ne refuse aucun service et ne demande rien en échange. Se sentant reconnaissants aujourd’hui, ceux qui sont aidés répondront présents en cas de besoin demain. 

En opérant ainsi, Don Corleone n’envisage pas de petits profits immédiats, sur le court terme mais privilégie la qualité relationnelle dans le temps, au long terme. 

En rendant service sans rien attendre en retour, les liens tissés sont plus solides, les relations plus durables. 

Don Corleone ou l’incarnation de la loyauté, calme et sang-froid

Le personnage de Clemenza incarne cette loyauté : dès que le Parrain confie une mission délicate, il ne la confie pas à quiconque, il met Clemenza dessus. 

Clemenza est un personnage clé dans l’environnement du parrain, à l’instar de Luca Brasi ou de Tom Hagen. 

Toute la structure du parrain est placée sur la loyauté qu’il accorde à ses associés.

La loyauté est fondamentale dans l’organisation du parrain, on le constate car les personnages qui étaient là au tout début restent fidèles des années après. On voit Clemenza avec Vito Corleone dans son entreprise de textile, lorsqu’ils étaient encore jeunes.

Les relations de confiance sont donc centrales, et la confiance se construit avec le temps et les adversités.

Dans l’investissement immobilier par exemple, on ne confierait pas la gestion d’un ou plusieurs de nos biens au premier venu. Non, la confiance nécessite d’être éprouvée par les années.

L’inconvénient est la durée nécessaire, mais l’avantage est de disposer d’un être sur qui l’on peut ensuite se reposer en fermant les yeux. 

Dans l’investissement, c’est similaire : on cherche des relations fiables, solides et durables, donc gouvernées par la confiance. Qu’il s’agisse de banquiers, d’associés ou de collaborateurs, leur qualité prime toujours sur leur quantité. Un seul Clemenza dans notre répertoire et celui-ci vaut potentiellement de l’or.

Don Corleone parle le dernier, après avoir écouté son interlocuteur et recueilli l’avis de son conseiller, et seulement après. 

Le parrain parle peu, mais lorsqu’il parle, ses propos ont un sens, ses paroles font sens pour leur destinataire. Il n’agit jamais dans la précipitation. De toute façon, il n’en a pas besoin : on ne demande pas aux hommes importants de se dépêcher d’arriver car on les attend. 

De même, quand il s’exprime, le parrain parle lentement et calmement. Comme une force tranquille capable de tout ravager, pourquoi s’emporter alors qu’on est écouté ? 

Enfin, le sang-froid semble être aussi une composante indissociable de la réussite du parrain, ou du moins de sa longévité. Don Corleone s’adresse à autrui avec raison et ne s’énerve pas. Jamais on ne le voit brusquer ou s’emporter contre autrui, même un adversaire. 

Son fils aîné n’a pas hérité de ce trait de caractère. Beaucoup plus impulsif et moins réfléchi que son aïeux, Sonny Corleone tombe dans une embuscade, ce qui causa sa perte. 

En matière de business, le sang-froid est capital pour durer. C’est l’élément qui empêche de se faire déborder par les événements et de toujours rester maître de sa situation même si ces derniers se caractérisent par leur extériorité ou leur imprévisibilité. 

Plus qu’un film, le parrain est probablement le premier mentor fictif à l’échelle internationale. À titre personnel, je considère la trilogie de Coppola comme la base fictive de l’investisseur tant il y’a a retenir. 

Il est vrai que cela reste une fiction, et que le parrain ne baigne pas dans des activités saintes, mais s’il avait choisi l’option de la légalité, Don Corleone serait un genre de Warren Buffet. 

J’ai choisi le parrain car c’est celui qui m’inspire le plus dans cette voie de l’investissement en ce qu’il privilégie ses familles. Famille traditionnelle, famille de la mafia, famille de la confiance… Cela montre qu’il est possible d’avancer dans ses projets sans toutefois renoncer à ses valeurs.

Leave the gun, take the cannoli

À lire aussi : Les leçons d’investissement de Warren Buffet

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2 Comments

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